The Beginning


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17/06/2013
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Anthem - Evil One
(2012)


samedi 8 mars 2014

Sex Machineguns - Made in Japan



Aah, les Sex Machineguns ! Anchang et ses troupes, après un premier opus, Sex Machinegun, d'une qualité clairement indiscutable, reviennent un an plus tard avec un nouvel album.

Le 26 novembre 1999, Made in Japan arrive dans les bacs.
La Line Up reste la même que pour l'album précédent, à savoir Anchang au chant et à la guitare, Sussy à la guitare, Noisy à la basse, et Speed Star Sypan Joe à la batterie.

Avec Sex Machinegun, SMG nous avait fait voyager à mi chemin entre le Heavy et le Speed Metal, mélange délicieusement génial ! Jusqu'à ce moment, le groupe semblait suivre ce schéma de construction sans s'en éloigner.

Avec Made in Japan, suivent-ils (vu qu'on parle d'Anchang, devrais-je plutôt dire "suit-il" haha) la même recette gagnante?
Pour le savoir, Let's Anchang !



L'album s'ouvre sur Progressive Ojichan, qui est un morceau très étrange, il faut bien l'avouer !
C'est distordu à mort, fait presque électro, et sonne comme un mix bizarre, et indigeste. Vraiment bizarre, et ce, malgré quelques riffs très Heavy des 80's pour le break.
Mais qu'est ce donc que ceci, crotte, on écoute pas le bon groupe??

Le 1er single de l'album débarque en deuxième position, tout à fait, c'est l'heure de Tekken II !
Nous voilà rassurés, on retrouve la moutarde Anchangienne que l'on aime ! Le riff et le solo sont devenus l'un des grands classiques du groupe, l'un des premiers morceaux que l'on cite lorsque l'on veut faire découvrir le groupe ! C'est SMG, non stop jusqu'à la fin et on en redemande !
Bien qu'en partie inspiré du célèbre jeu de baston du même nom, Tekken II est en fait une critique d'une partie de la jeunesse japonaise considérée comme décadente, à qui on mettrait bien des baffes (kick, punch, chop, gorilla kick !).

Tekken II

Vous prendrez bien un peu de City Hunter? Oui oui, Ryo Saeba (Nicky Larson, petits frenchies) débarque dans la place ! Illusion City est en fait l'opening d'un animé spécial de la saga City Hunter : Death of Evil Ryo Saeba.
Par rapport à Tekken II, ce morceau fait un poil plus mélodique, et rappelle un peu High Speed Samurai ! Prenant, entêtant, c'est parfait pour un opening d'animé ! Le solo est un excellent résumé de toutes les qualités d'Anchang, toute la panoplie est de sortie !

Avec Aesthetician, on fait dans un registre un peu plus sinistre où on alterne entre chant clair et scream Anchangien.
C'est assez chaotique dans son ensemble, beaucoup de changements de tempo et de type de chants. Ça sonne un poil malsain, violent et hypnotisant à la fois !

Une légère accalmie? Non !
Les riffs mélodiques de Magnum Fire et la manière dont ils débarquent font penser à Devil Wing, c'est le même genre de structure et de composition. Ce morceau semble presque mélancolique, mais quand on sait qu'il s'agit de penser à tuer sa petite amie et son amant (la bougresse!), c'est pas vraiment étonnant haha.

Mais mais mais? Les sonorités bizarres de Progressive Ojichan sont de retour pour lancer Secret Killer !
Ça sonne fort comme une expérimentation musicale: la construction semble être en plusieurs actes avec diverses influences notables: électro, metal, rock, un poil de pop, un véritable melting pot de genres ! Pas désagréable pour autant !

Iron Cross et ses sonorités plus lourdes démarre !
Le riff principal est foutrement cool et clairement penser pour le headbang (comme beaucoup de riffs chez SMG).
La composition fait très thrash dans l'âme. On savait SMG un peu touche à tout, mais là, ça devient une évidence! Et ils font ça bien!

American Z va vous rappeler qu'Anchang sait botter des culs !
Ça va vite, c'est speed, c'est heavy, ça vous lâche pas jusqu'au bout, la recette SMG fait mouche une fois de plus!
On doit pouvoir dire sans trop se tromper qu'American Z a été pensé et imaginé pour le live !

Un riff rapide et entraînant, Operation Tiger fait écho à Famiresu Bomber avec une tonalité cependant plus dramatique dans l'ensemble.
Anchang et sa vitesse de shred nous scotche les oreilles sur place, comme avant, comme maintenant, et comme plus tard!

Quand on ne mange pas ses légumes, Chef Anchang et ses troupes viennent nous riffer les oreilles ! Non mais !
3e single de l'album, Onigunsow va vite, tout le temps et ne nous laisse aucune seconde de répit, et bon sang, on adore ça !
S'il doit se passer la même chose que dans le clip à chaque fois qu'un gosse fait la graine sur ses légumes, ils vont vite se mettre au vert, c'est clair!


Onigunsow

Yellow Card conclut Made in Japan.
Woo ooh! Ah, ça on retient, tout comme ce riff qui nous pousse au headbang, ça devient une méchante habitude! C'est puissant et mélodique, entraînant, et ça gronde délicieusement!
Ca change du final nerveux et essoufflant qu'était Burn sur l'album précédent, mais dans son propre registre, Yellow Card est tout aussi bon!


Conclusion
On prend la même recette et on recommence, plus haut, plus fort, plus osé !
Made in Japan ose même quelques prises de risques étranges, qui tiennent clairement de l'expérimentation musicale, mais après tout pourquoi pas!

Même si je ne l'ai pas particulièrement spécifié au cours l'article, les musiciens sont toujours autant au top!
La voix d'Anchang est toujours étonnante, oscillant entre chant purement mélodique et cris ultra aigus qu'on lui connait à présent.
Les deux guitares sont plus puissantes et rapides que jamais, le shred et le tapping sont toujours aussi affolants tant celui d'Anchang que de Sussy.
La basse de Noisy lourde et présente, nous sert un jeu toujours aussi bon. Sa voix nasillarde est plaisante à souhait, et apporte un parfait soutien à Anchang.
La batterie de SSS Joe est encore une fois percutante, ultra rapide et dénote une puissance à vous décoller les tympans, la double pédale faisant des merveilles!

Je voudrais faire une légère digression. Pour les plus attentifs, j'ai parlé du 1er et du 3e single de Made in Japan, mais qu'en est-il du 2e? Non, il ne s'agit pas d'un oubli.
Ce fameux 2e single est un morceau nommé Mikan no Uta, qui est devenu l'un des plus grands classiques du gourpe, si ce n'est LE morceau, celui à connaître absolument!
Combinant toutes les qualités du groupe, la Mandarine Heavy Metal vous fera bouger, danser, chanter, à tel point qu'il faudra vous exorciser ensuite yeah !

On est d'accord, Made in Japan est le digne successeur de Sex Machinegun et confirme le talent du groupe quand il s'agit de marier le Speed et le Heavy Metal!
Bien qu'un poil moins foufou dans la composition musicale, les thèmes abordés dans les parole sont eux, par contre, toujours aussi décalés. Qu'il s'agisse de la jeunesse Japonaise dite "décadente" qu'on voudrait puncher, l'obsession matérialiste des jeunes femmes, des couples qui se marient sans vraiment s'aimer, des gosses qui ne veulent pas manger leurs légumes... L'esprit est bel et bien là, l'aura humoristique n'est pas en reste!

Après deux albums à la sauce SMG aussi réussis, c'est de bon augure pour la suite.
C'est ce que cela semblait présager à l'époque en tout cas. Aujourd'hui, nous savons tous qu'Anchang ne serait pas Anchang sans ses crises existentielles et de licenciements expéditifs à répétition qui ont mené à l'histoire mouvementé des Sex Machineguns telle que nous la connaissons.

Mais ceci, nous en reparlerons un autre jour...

Mikan no Uta

Les + 
- Un digne successeur pour Sex Machinegun
- Une recette toujours aussi efficace
- Des morceaux extra, devenus des classiques
- Des musiciens au top !

Les -
- Un peu moins de fun dans la musique
- Certains morceaux sont un peu trop "écho" à l'album précédent
- Des expériences étranges (Progressive Ojichan et Secret Killer) qui peuvent déranger...

Made in Japan Tracklist
1 - Progressive Ojichan
2 - Tekken II
3 - Illusion City
4 - Aesthetician
5 - Magnum Fire
6 - Secret Killer
7 - Iron Cross
8 - American Z
9 - Operation Tiger
10 - Onigunsow
11 - Yellow Card

lundi 3 mars 2014

Anthem se sépare d'Eizo Sakamoto



Décidemment, la line up d'Anthem bouge pas mal ces derniers temps.

Après le départ d'Hirotsugu Homma l'année dernière à cause d'une blessure au genou, c'est cette fois ci Eizo Sakamoto qui s'en va.

Annoncé sur le site officiel du groupe, le chanteur phare du groupe et chouchou du public souhaite pouvoir consacrer plus de temps à ses projets personnels.
Sachant que l'album de Aisenshi (projet revival d'Animetal avec She-Ja) est déjà sorti, et que la suite du groupe n'est pas pour tout de suite (j'y reviendrai plus en détail dans mon futur article consacré à Aisenshi), on peut se demander quelles sont ces fameuses occupations. Peut être pouvoir aller plus souvent en Amérique du Sud haha (oui, mr Sakamoto va très souvent là bas, que ce soit pour des concerts ou pour des vacances).

Quoi qu'il en soit, le poste de chanteur au sein du groupe de dinosaures n'est déjà plus une place à prendre !
En effet, c'est officiel, ce départ marquera bel et bien le retour d'une tête bien connue des fans : Yukio Morikawa! Oui oui, on prend les mêmes et on recommence.
Il y a comme un air de déjà vu, peut être va-t-on bientôt nous annoncer le départ de Shimizu pour laisser place à Hiroya Fukuda xD

Juste au cas où, je précise également que le remplaçant de Homma, Isamu Tamaru a été officialisé au poste de batteur.

En résumé, la line up au jour d'aujourd'hui est donc la suivante :
Chant : Yukio Morikawa
Guitare : Akio Shimizu
Basse : Naoto Shibata
Batterie : Isamu Tamaru

Pour la suite, rien d'annoncer pour l'instant, mis à part une nouvelle série de Live (au Club Citta, comme d'habitude).
Donc Wait And See, comme dirait l'autre !

vendredi 24 janvier 2014

RISE !

Bien le Bonjour !

En cette fin de mois de Janvier, Japan Heavy vous souhaite une bonne année 2014, en espérant qu'elle vous soit bénéfique et agréable.

J'espère que vous avez passé d'excellentes fêtes de fin d'année. Pour ma part, la fin d'année 2013 fut très chargée à plusieurs niveaux, ce qui explique ce long silence.

Etant revenu à peu près au calme, je vais donc reprendre l'écriture d'articles.

Comme annoncé sur la page Facebook, la critique de Made In Japan des Sex Machineguns arrive bientôt.
Nous découvrirons également de nouveaux (nouveaux, hum en voilà un terme bien inapproprié) groupes.

Une courte news, mais je dis à très bientôt, et pour patienter un peu, vous prendrez bien un peu de Anchang? haha

Heavy à tous !

vendredi 13 septembre 2013

Anthem - Seven Hills



Nom de Zeus Marty !
Retour vers le Passé !

2001 , Anthem signe son grand retour sur les devants de la scène avec l'album Seven Hills.
Si je parle de grand retour, c'est parce que je 'zappe' volontairement l'album précédent sorti en 2000, Heavy Metal Anthem, car il s'agit d'un album de remake avec le célèbre Graham Bonnet au chant à la place de Yukio Morikawa.
Personnellement, c'est bel et bien Seven Hills qui marque donc le retour de l'un des pionniers du Heavy Metal Japonais après 9 ans d'absence, depuis 1992 et l'album Domestic Booty.

Après tant de silence, quelques petits changements ont été faits; Mad Ohuchi a laissé sa place de batteur à Hirotsugu Homma, que Naoto Shibata a rencontré durant son court passage en tant que bassiste au sein de Loudness. Graham Bonnet ne restera pas non plus et laisse également sa place; ce n'est pas Morikawa qui reprendra sa place mais Eizo Sakamoto, le chouchou du public !
On se retrouve donc avec la line-up à succès d'Anthem qui sévira jusqu'à Burning Oath et le (triste) départ de Homma pour raisons médicales.

La première partie de carrière du groupe a révélé Anthem comme un quatuor bourré de talent et extraordinairement jouissif. Un nouveau départ résonne, et va se révéler être les solides fondations du Heavy Anthemien tel qu'on le connait depuis une dizaine d'années.


Seven Hills démarre très fort avec le single issu de cet album, Grieve of Heart.
Comme à leurs habitudes, Anthem démarre sur les chapeaux de roues avec un titre pêchu, diablement puissant et aux sonorités assurées !
La première chose que l'on note, c'est que 9 ans d'absence ont eu un avantage non négligeable: la qualité sonore a été grandement améliorée. Le son est net, équilibré, puissant et sans les fioritures inhérentes à la musique old school.
Ce 1er morceau fait beaucoup penser à l'excellent Shadow Walk, et comme d'habitude, Anthem n'oublie pas ses racines.
Le solo est une surprise sans l'être; au delà du fait qu'Anthem ait toujours recruté des musiciens de talent, l'arrivée d'Akio Shimizu a marqué un grand bon en avant dans la technicité de la guitare. Consacré par Domestic Booty, le solo de Grieve of Heart est haut en couleurs et d'un niveau technique affolant, chose à laquelle on sera de toute façon habitué par la suite.
La batterie menée par un Homma fraîchement arrivé gagne en précision tout en conservant toute sa puissance d'antan, la basse reste toujours aussi présente, et l'on reconnaît tout de suite l'empreinte vocale d'un Eizo Sakamoto en grande forme, avec sa voix aiguë et criarde toujours aussi plaisante.
Ce départ est tout simplement délicieux et excellent !

On passe en mid tempo avec Raging Twister.
Avec ce morceau, on touche le point majeur de la composition de Seven Hills: une musique épurée saisissante et puissante, qui paraît simple aux 1ers abords mais qui se révèle fouillée et aussi bel et bien à la hauteur du niveau technique que l'on connaît au groupe.
Un refrain simple et entêtant, l'une des marques de fabrique Anthemienne que l'on retrouvera une fois encore par la suite.

XTC, le morceau suivant est une des figures emblématiques de ce côté précurseur, caractéristique de Seven Hills.
On retrouve déjà dans la composition les gimmicks du futur du groupe. C'est carrément efficace et entraînant, rythmé par un Akio et un Hiro qui entraîne toute la bande dans une course effrénée au Heavy.

Avec The Man with no Name, on a le droit à un autre précurseur.
On continue avec ce son épuré, pour une sortie propre et nette à laquelle on peut trouver quelques similitudes avec ce que pourrait composer Loudness.
Je crois qu'il est inutile de rappeler à chaque morceau que le solo de guitare est toujours aussi impressionnant !

March to Madness introduit une piste qui paraît un poil plus lourde que les autres (comme c'est finalement souvent le cas, et pas seulement pour Anthem : il y a toujours un morceau au moins qui se fait un peu plus violent/lourd/sombre).
Mais qu'est-ce que c'est bon ! Un Heavy Metal épuré, propre, qui fait clairement honneur à la New Wave des années 80, ou même à la propre disco du groupe, en piochant ci et là pile ce qu'il faut pour nous faire fondre.
Ce titre est certainement le plus représentatif de la carrière du groupe, une espèce de melting pot de tout ce que les anciens albums avait de mieux à proposer.



Quand je disais que Seven Hills est LE précurseur de la carrière des années 2000 du groupe, ce n'est pas pour rien.
D.I.M. 422 est l'instrumentale de l'album. Cet exercice deviendra récurrent à chaque album comme tout le monde le sait maintenant.
Alors que donne cet exemple de technicité? Placée dans son contexte temporel, cette instru pose les bases de la composition qui servira à presque toutes les futures.
Un schéma classique de morceau traditionnel : (couplet/refrain)x2 / break / solo / refrain final.
La basse est très présente dans le couplet et fusionne avec la guitare pour le refrain avant d'atteindre l'habituelle apogée technique apportée par le solo d'Akio Shimizu.
C'est impressionnant, envoûtant et foutrement excellent !
Si on place D.I.M. 422 dans le reste de la disco, eh bien... elle reste clairement l'une des meilleures, juste derrière Pilgrim qui garde toujours son statut de meilleure instru du groupe. Ground Zero et Omega Man (des albums Overload et Eternal Warrior) reprendront le même genre de composition en baissant légèrement le tempo mais ont l'énorme défaut d'être beaucoup trop similaires, Insomnia (Immortal) sera certes très bonne, mais un poil trop influencée Power Metal, dénaturant un peu le Heavy Metal du groupe. Puis sortira Pilgrim (de l'album Black Empire), l'incroyable Pilgrim dont je ne cesserai de faire les éloges. La suite, nous en avons déjà parlé dans les articles critiques respectifs.
Au final, D.I.M. 422 se pose comme la génitrice inégalée des instru, car seule Pilgrim et sa composition entièrement révisée et novatrice parviendra à un tel niveau d'excellence.

Avec Running Blood, on fait écho au 1er morceau de l'album, avec un rythme et des sonorités similaires; et ça marche toujours aussi bien!
Ce morceau fout diablement la pêche et nous donne envie d'hurler avec Eizo, de head bang toute la journée ! Tout ce qu'on aime en somme !

Dans la continuité, Freedom nous livre un Heavy toujours pêchu et propre qui montre une fois encore toute l'amplitude de la voix d'Eizo Sakamoto. Mais comme dans beaucoup d'albums, il s'agit d'un morceau un peu 'break', peut être un peu moins impressionnant que les autres mais qui permet de souffler un peu dans ce déluge de technique, et qui finalement, permet d'apporter un peu d'équilibre à la tracklist.

Silently and Perfectly est une autre petite perle de l'album, lourde et oppressante, on sent une vraie volonté de marquer les esprits avec ce morceau. Anthem a l'habitude de proposer en fin d'album un morceau de ce genre, généralement juste avant le final.
Les lignes de guitare sont un vrai délice et le solo est dans la pure lignée avec quelques influences groovy franchement agréables.
Le riff de fin clôture avec brio cet excellent morceau avant d'enchaîner avec la fin.

Du Heavy Metal couplé à quelques notes de Hard Rock, ça vous botte? Public, je vous présente The Innocent Man.
Anthem a pour habitude de trouver un p'tit truc, un poil hors normes, pour clôturer un album, ici c'est un morceau qui inspirera surement le futur excellentissime Blind Alley (de l'album Heraldic Device), dans un tempo un peu moins rapide, plus posé, et donc plus envoûtant.
Ces petites influences font écho à tout un pan de notre culture musical, Heavy Metal et Hard Rock ayant toujours été lié dans l'histoire et ça se sent !
Anthem maîtrise ce délicieux mélange, fait pas étonnant quand on sait les bêtes de travail et de fignolage qu'ils sont.
Tous les postes sont à leur apogée pour un final grandiose !


Conclusion
Seven Hills, qui marque donc le retour d'Anthem dans les bacs, est sans aucun doute une pure réussite, et quelle réussite !
Avec son Heavy épuré, propre, sans fioritures, sans ajouts, sans additifs ni colorants artificiels, Seven Hills nous livre une compo typiquement old school mais remise au goût du jour, qui n'est donc pas sans rappeler toute une partie de la disco de Loudness.
C'est à la fois simple à 1e vue, et bien complexe dès que l'on se penche un peu plus dessus. Les morceaux nous prennent aux tripes et font clairement appel à notre amour du Heavy Metal old school.
Malgré un côté peut être un peu répétitif, la diversité du jeu des instruments est proprement hallucinante. Une petite mention pour Akio Shimizu qui confirme son niveau technique toujours aussi affolant, particulièrement dans les solos où il nous fait un véritable exposé de techniques variées aux sonorités qui le sont tout autant et qui permettent de ne pas s'ennuyer une seconde durant ce véritable déluge!

La 2e grande force de cet album est de poser les bases pour le futur sur beaucoup de points : l'équilibre de la tracklist, une partie de la composition, et surtout l'instrumentale.
Il y a par contre un point négatif, toujours ce même point qui reste depuis le tout premier album du groupe : la durée de la tracklist. 10 morceaux, comme souvent, c'est malheureusement trop court... Rappelons que seuls 3 albums sur toute la disco ont fait exceptions avec 11 pistes, mais qu'en contre partie, deux albums sont à 8 pistes et un 3e à 9 pistes.
J'imagine que le haut niveau technique et la fréquence de sortie des albums pousse le groupe à raccourcir ses tracklists, à notre grand damn !

Anthem signe avec Seven Hills l'un de ses meilleurs albums (en incluant dans ce constat les albums futurs) pour son grand (et vrai) retour sur la scène, et ouvre sur ce que l'on connait par la suite. Et même si dans les albums suivants, certains points peuvent être discutables (power metal, quand tu nous tiens lalala), le tout envoie sacrément du bois, roxx du pâté, défonce sa mère comme dirait l'autre et comme on l'aime.

Mais surtout, Seven Hills est à inscrire au Panthéon du Heavy Metal !



Les +
- Un Heavy Metal épuré et parfaitement propre
- Un précurseur délicieux
- La qualité Anthem
- Certains morceaux sont de vraies petites perles

Les - 
- Une tracklist trop courte, comme toujours...
- Un (tout) petit côté répétitif
- Sinon, rien !


Seven Hills Tracklist
1 - Grieve of Heart
2 - Raging Twister
3 - XTC
4 - The Man with no Name
5 - March to Madness
6 - D.I.M. 422
7 - Running Blood
8 - Freedom
9 - Silently and Perfectly
10 - The Innocent Man

jeudi 1 août 2013

Onmyouza - Kongô Kyûbi



Après avoir cuisiné le concept album Kishi Bojin à toutes les sauces, Japan Heavy vous propose de revenir un poil en arrière et de se mitonner un petit Kongô Kyûbi cette fois-ci.

Revenons deux petites années en arrière. Le 9 septembre 2009, Onmyouza accouche de son dernier bébé poétiquement nommé "Kongô Kyûbi".
Rappelons qu'à ce moment là, Tora n'avait pas encore quitté le groupe, et c'est donc la line-up habituelle au grand complet qui officie pour cet album.

Nous allons exorciser la vanne immédiatement afin d'être tranquille : non, cet album n'est ni un hommage à Naruto, ni même ne s'en est inspiré.
Comprenons nous bien, si le manga Naruto a bel et bien popularisé le fameux renard à neuf queues, il ne l'a absolument pas inventé.

Etant donné que sur cet album une Kumikyoku (petit rappel: Suite musicale) composée de 3 morceaux estampillés Kyûbi est présente, un bref historique est le bienvenu.
Sachez tout d'abord que la créature que l'on nomme Kyûbi n'est pas issu du folklore japonais comme on pourrait le croire, mais du folklore coréen, plus précisément des contes et légendes oraux, dont le nom d'origine est Kumiho. Il apparaît donc dans le folklore japonais sous le nom complet de Kyûbi no Kitsune (raccourci à Kyûbi), mais aussi en Chine où il est appelé Jiu Wei Hu.
Selon les légendes coréennes, un renard devient un Kumiho lorsqu'il atteint le millénaire d'existence. Il devient alors capable de se transformer en ce qu'il souhaite. Toujours selon ses légendes, il se transformerait le plus souvent en une belle jeune femme, afin de séduire les hommes et les abuser pour causer leur perte. Par extrapolation, le Kumiho a été associé à la figure de sorcière, et a toujours décrit et conté comme une entité mystique aux intentions malhonnêtes.

Plus grand chose à voir donc avec cette boule de poils capricieuse et orgueuilleuse qui ne pense qu'à foutre le bordel dans les histoires du ninja le plus agaçant de tous les temps.

On a donc une fois encore un contexte culturel et folklorique chargé, chose à laquelle on est habitué maintenant.
Il faut savoir que cet album a été relativement critiqué sur la toile, pas descendu, mais accueilli avec un certain regard un peu accusateur, mais j'y reviendrai en fin d'article, car avant de pouvoir porter un éventuel jugement, il faut bien entendu l'avoir écouté et analysé un tant soi peu.
Sur ce, allons y gaiment et en Heavy s'il vous plaît !



Kongô Kyûbi s'ouvre sur Baku, qui démarre avec une ambiance très symphonique presque onirique. Ici, pas d'instrumental, on a direct le droit à un vrai morceau.
Les premières et légères lignes de guitare se font entendre accompagnées par la forte présence de la basse de Matatabi qui pousse la chansonnette.
Le refrain est lancé par Kuroneko et, si l'intro laissait présager une belle chanson influencé Heavy Metal, ici on a plutôt l'impression d'entendre un générique d'animé, purement japonais.
Un beau morceau mais qui fait plus office de balade qu'autre chose ce qui rend sa place dans la tracklist peut être discutable.

Débute alors vraiment l'album. Aoki Dokugan et son riff ravageur résonne et déclenche enfin les hostilités. Il s'agit du 2e single extrait de l'album et c'est de plus un hommage à Date Masamune, un célèbre général qui s'est notamment illustré en 1600 durant la Bataille de Sekigahara.
On se rend compte qu'en fait , Baku prend la place de l'intro instru dont on a l'habitude et que l'album commence vraiment avec le 2e morceau, rythmé, entraînant et diablement efficace.
Le duo de chanteurs est toujours aussi plaisant et nous emmène jusqu'au solo de guitare lui aussi toujours aussi excellent.

Onmyouza aime bien, de temps en temps, aller piocher quelques influences sympa par ci par là. Izayoi no Ame fait partie de ces exemples. On prend la sauce Heavy FM des années 80 et on en fait du Onmyouza!
La superbe voix de Kuroneko qui dirige le tout n'est pas sans rappeler les voix hauts perchées des chanteurs de cette époque, comme par exemple Axel Rose ou Bruce Dickinson pour ne citer qu'eux. Un Melting pot qui fait plaisir à entendre !

On calme un peu le tempo après deux morceaux bien jouissifs. Kosode no te nous livre des lignes de guitare légères et une ambiance douce presque enchanteresse qui se veut très apaisante. Un simili de balade rock, pas extraordinaire, mais qui reste très agréable à écouter pour se détendre.

C'est l'heure des Ninja Scrolls ! haha
Kuzaku Ninpouchou est un morceau somme toute assez classique dans sa composition. Rien de particulier à dire ; c'est simple mais efficace, point barre !

Vient ensuite la petite perle de cet album : Banka !
Rappelez vous, dans ma critique de l'album suivant Kishi Bojin, je vous disais que Oni Kosae no Uta explorait les méandres de la musique funky.
Eh bien ici, ce sont celles du Blues Rock : nos père Eric Clapton, Gary Moore, Joe Bonamassa ou encore Jimmy Page (dans une certaine mesure) seraient, je pense, fort honorés.
Le groupe explore donc un registre très inhabituel, et pourtant étrangement maîtrisé. Matatabi fait preuve d'un savoir faire extraordinaire au chant Blues Rock, le solo est un hommage à peine caché à Gary Moore, et le duo vocal de la fin nous fait frissonner de plaisir et de nostalgie.
On a le Blues dans la peau, et diable, que c'est bon !


Banka

Les deux morceaux suivants sont en fait le 1er single extrait de Kongô Kyûbi et ont servi de thèmes principaux au jeu The Inugami Clan sur Nintendo DS.
Avec Soukoku, on retrouve la recette ultra efficace des meilleurs morceaux du groupe.
Un riff dévastateur, un délicieux Matatabi au couplet, une Kuroneko envoûtante au refrain, une basse hypnotisante et une batterie percutante !
Soukoku est à clairement inscrire dans la pure lignée de ces morceaux réussis et si jouissifs qui font l'identité d'Onmyouza.

J'aimerais cependant pouvoir en dire autant de Doukoku...
Si Soukoku faisait tout à fait ouverture pour The Inugami Clan, on sent bien que Doukoku le clôture.
Ambiance posée, mélodie à base de clavier et de basse, cela s'apparente un peu à Kosode no te, mais les guitares en moins, bien que celles ci tentent parfois timidement de pointer le bout de leurs cordes.

Il est à présent temps d'ouvrir la Kumikyoku de cet album.
Basée donc sur le fameux démon renard à 9 queues, la suite s'ouvre sur la très bonne Tamamonomae. Une intro dévastatrice avec cette ligne de guitare carrément géniale qui créée une ambiance mystique très réussie.
Alors que le morceau se termine sur les mêmes notes qu'il a commencé, la suite continue.


Tamamonomae

Shoumakyou est un morceau extrêmement long (environ 9min30) et complexe. Il symbolise toute la richesse culturelle liée à ce fameux renard.
Si les lignes de guitare du départ mettent en scène quelque chose de sombre, la douce voix de Kuroneko y apporte un peu de clarté, tandis que celle de Matatabi est teintée de façon presque inquiétante, le tout trouvant un équilibre avec la dualité des chanteurs.
Le rythme se fait alors très changeant, tantôt plus rapide, tantôt plus lourd, l'ambiance jonglant entre ces deux registres de la même manière.
Sur la fin, le tempo accélère franchement avant de conclure sur le chant de Matatabi distordu électroniquement, c'est étrange mais bizarrement et parfaitement incorporé à la complexité du morceau.

Fin brutale pour Shoumakyou, résonnent alors les tambours de la batterie suivis d'un petit solo de guitare acoustique. Puis, brutalement, le Heavy fait son retour. Sesshouseki est la 3e et dernière partie de la suite musicale Kyûbi. Le chant de Matatabi se fait tout aussi brutal, Maneki et Karukan accompagnent de quelques growl en arrière fond, ce qui n'est pas sans rappelé le break avant le solo du morceau Maou, sur l'album Maou Taiten (2007). On retrouve un peu le même schéma de composition, et c'est un écho qui fait clairement plaisir à entendre.
Certains passages à base de guitares saturées nous rappelle que le Kyûbi n'est pas vraiment une bestiole bienveillante.

Quoi de mieux pour conclure qu'un morceau jovial, persistant et jouissif à souhait?
Un peu à la manière de Kappa wo Dori qui terminait l'album Mugen Houyou (2004), vous allez garder le refrain de Kuraiau en tête pendant un moment.
J'y entends personnellement une grosse influence du Heavy typique de la New Wave des années 80 telle que Iron Maiden savait nous la jouer (mais ceci est avant tout une remarque subjective et n'engage que moi haha) .
Le solo est du même acabit et donne envie de se lever et de danser, d'oublier tout le reste pour ne se focaliser que sur ce morceau qui fout la patate à n'importe quelle heure de la journée !
Parfait pour conclure !

Kuraiau

Conclusion
Que peut-on donc sortir de cet album?
Alors, les reproches dont je parlais en début d'article. D'après de nombreux internautes, Kongô Kyûbi serait trop orienté pop, mainstream, donc trop grand public, et perdrait de ce fait une partie de son âme Heavy Metal.

Si la remarque pourrait peut être se justifier, je vais cependant la nuancer.
Il est vrai que cet album n'est pas le plus réussi, non pas qu'il soit mauvais, loin de là, mais il souffre d'un défaut unique mais de taille: il nous donne vraiment l'impression d'un déjà vu.
Soyons clair, mis à part Banka qui sort du lot grace à ses influences Blues, le reste est du déjà entendu, depuis maintenant 10 ans.
Encore une fois, ce n'est pas mauvais pour autant. On est en terrain connu, et la recette prend toujours.
On aurait juste aimé une ambiance plus personnelle, plus marquée, que ce fameux Kyûbi ait un peu plus d'identité propre, plutôt que de simplement ressembler à ses grands frères.

Ce que les gens appellent "influences pop" font, je pense, référence aux morceaux Baku et Doukoku qui font effectivement un peu plus mainstream, mais cela se justifie en soi : Baku est en fait l'équivalent de l'intro acoustique, et Doukoku est un générique de fin pour un jeu vidéo. Pas de quoi s'affoler donc.

Cela reste cependant un très bon album.
Si Banka est indéniablement LA réussite de l'album, les morceaux bien pêchus tels que Aoki Dokugan ou Kuraiau, les ambiances très réussies de Soukoku et Tamamonomae, ou la complexité de Shoumakyou sont autant d'arguments de poids dans cette tracklist !

D'autant plus, que si au moment de la sortie de l'album, on ne pouvait pas encore le savoir, mais étant donné la qualité de l'album suivant, ce reproche de manquer de personnalité devient légèrement obsolète, Kishi Bojin équilibrant la balance.

Onmyouza livre avec Kongô Kyûbi un album qui foulent des sentiers battus, mais qui le fait de bien bonne façon !


Les +
- Banka, délicieuse réussite
- Concept folklorique intéressant et ambiance générale réussie
- De très bons morceaux

Les -
- Manque d'identité propre
- Donc certains morceaux trop similaires à d'anciennes compositions
- Ambiance connue, peut être trop?



Kongô Kyûbi Tracklist
1 - Baku
2 - Aoki Dokugan
3 - Izayoi no Ame
4 - Kosode no te
5 - Kuzaku Ninpouchou
6 - Banka
7 - Soukoku
8 - Doukoku
9 - Kumikyoku [Kyûbi] - Tamamonomae
10 - Kumikyoku [Kyûbi] - Shoumakyou
11 - Kumikyoku [Kyûbi] - Sesshouseki
12 - Kuraiau

mercredi 12 juin 2013

Onmyouza - Kishi Bojin



Comme nous l'avons dit plus tôt, Onmyouza, c'est un peu le groupe guide touristique du Heavy Metal Nippon.
Ce savant mélange de Heavy Metal et de folklore a su conquérir les foules et assurer leur succès, dûment mérité.

En 2009, Tora quittait le groupe, mais continuait d'officier en tant que membre de session sous son nom complet: Atsushi Kawatsuka. 
Le 21 décembre 2011, le groupe sort Kishi Bojin, leur nouvel opus.
Premier album depuis le départ de Tora donc, mais qui assure ici l'interprétation de la batterie.

Le contexte de Kishi Bojin est assez chargé, éclaircissons un peu tout ça.
Il s'agit ici d'un concept album; cette expérience est menée par Matatabi qui assure comme à son habitude l'écriture et la composition des morceaux. Selon ses propres dires, il voulait créer quelque chose de plus sombre et de novateur par rapport à leurs créations typiques.
Sur ce point, le groupe a sorti un livre quelques temps avant la sortie de l'album afin d'expliquer plus en détail ce fameux concept.

L'album narre l'histoire de Kishibo-jin, ou plus couramment Kishimo-jin : "La Mère des Démons Mangeurs d'Enfants".
Kishimo-jin est une ogresse Hindoue (aussi appelée Hariti) qui nourrissait ses nombreux enfants en kidnappant d'autres enfants afin de les servir en hamburgers à sa propre progéniture.
Un jour, elle rencontra Bouddha. De cette rencontre, Kishimo-jin en eut une révélation. Elle se repentit de ses fautes et se fit gardienne des enfants.
De ce changement, elle devint la déesse protectrice des enfants, des accouchements sans complications et de l'harmonie générale dans la famille.

Comme je vous le disais donc, le contexte du concept est chargé et particulièrement riche.
Toutes les pistes sont préfixées : Kumikyoku [Kishi Bojin]. Il s'agit d'une longue "suite musicale" entièrement basée sur la dite déesse.
On avait déjà vu ce concept sur d'autres albums comme avec la suite Kyuubi sur l'album précédent (Kongo Kyuubi) ou la célèbre suite Yoshitsune, mais jamais étendue à un album entier.

12 morceaux qui forment cette Kumikyoku [Kishi Bojin], que donne donc cette "super suite" ?



Kishi Bojin démarre sur une intro instrumentale, Shuushuu, qui est un exercice fréquent dans la discographie du groupe.
Au loin, on entend des râles torturés auxquels vient vite s'incorporer une douce et rassurante mélodie au piano, rapidement rejoint par les guitares de Maneki et Karukan ainsi que la basse de Matatabi pour une envolée lyrique de courte durée interrompu aussi sec par un soupir poussé par Kuroneko, "Hana" .

Samayoi démarre alors tout aussi sec sur un schéma de composition familier. Un 1er morceau rythmé et entraînant dans la pure lignée du Heavy que propose habituellement le groupe. Matatabi au chant sera vite épaulé par Kuroneko. Bien que le morceau soit sacrément efficace, pour l'instant, pas de réelle surprise, on est en terrain connu.

Alors que Samayoi se termine brutalement, les riffs de Ubugi enchaînent directement sans temps mort (à l'oreille, on pourrait presque croire qu'il s'agit d'un long et unique morceau).
Le rythme est plus lourd et l'ambiance bien plus sombre.
A noter, la présence d'un clavier, fait un peu exceptionnel chez Onmyouza. Il apporte une profondeur supplémentaire à la mélodie, et cette espèce d'ambiance ténébreuse est renforcée par le solo de guitare tout aussi torturé.
Ce changement est, il faut le dire, pas mal du tout et on a hâte de découvrir la suite.

Silence. Les gémissements d'un homme mourant en pleine agonie se font entendre. Pour ma part, j'ai plutôt pensé aux gémissements terrifiants poussés par les spectres japonais tels qu'on peut les voir dans Ring, Ju-on The Grudge et autres réjouissances du genre. Je trouve cela tout aussi crédible étant donné qu'il s'agit d'Onmyouza, le folkore, c'est leur rayon !
Namasu démarre, accélère le rythme et assombrit encore un peu plus l'ambiance. La douce voix de Kuroneko vient contraster celle de Matatabi qui se fait agressive et inquiétante à la limite du growl.
Pas de doutes, même si on retrouve les sonorités du groupe, le tout est beaucoup plus torturé, sombre et violent qu'auparavant.

Avec Oni Kosae no Uta, on aborde la 1e perle de Kishi Bojin.
Le titre démarre sur un chant traditionnel japonais à propos des "Oni", ces fameux démons.
On imagine facilement le contexte: un temple comme une pagode, une célébration typiquement folklorique, et des gens qui dansent en costume en scandant ces quelques lignes.
Puis débarque Onmyouza.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est étrange. On est déconcerté, perdu et envouté à la fois.
Les guitares se font très funky, une association pour le moins atypique avec un chant traditionnel.
On a alors le plaisir de découvrir le chant de Kuroneko en pur Enka. C'est une excellente surprise que l'on avait pas entendu depuis l'album Mugen Houyou en 2004 (de mémoire), d'autant plus que la Dame manie l'Enka à la perfection, quel plaisir donc de le retrouver ici !
Une expérience clairement réussie, à l'image de Banka sur l'album précédent qui explorait les contrées du Blues Rock.
Les plus connaisseurs d'entre nous peuvent même y retrouver une ressemblance avec le très réussi Kyoufu no Resutoran de Seikima II qui proposait le même genre d'expérience musicale.
Un must hear, l'un des meilleurs morceaux de l'albums, et du groupe en général !


Oni Kosae no Uta

Il est l'heure de la 1e balade avec Gekkou.
Tout en symphonie au clavier et en mélancolie, c'est un vrai moment d'onirisme que nous propose Kuroneko et sa superbe voix, sublimée par un petit solo de piano vraiment agréable.
Ce morceau me rappelle personnellement un morceau du nom de Chikyuugi interprété par Yumi Matsuzawa, et qui aura servi de générique d'ouverture à Saint Seiya - The Hades Chapter Sanctuary.

Enchainer deux balades n'est pas vraiment une habitude. Mais pour proposer un changement, il faut savoir casses ces habitudes.
Zakuro to Jubaku est introduite par une guitare acoustique et la voix de Matatabi.
La chanson tient beaucoup de la balade rock classique mais toujours aussi agréable. Le solo de guitare habituel est complété par un solo acoustique magnifique et magique !

Une intro symphonique, sombre et inquiétante lance le titre éponyme, Kishi Bojin.
Un départ en trombe fait résonner un Heavy influencé plus que jamais par la symphonie du clavier foutrement jouissif.
Ce dernier se fait plus présent et renforce encore une fois la profondeur de la mélodie.
Très énergique et rythmé, le point culminant est atteint par le solo de guitare, complexe et affolant, loin de ce à quoi Maneki et Karukan nous ont habitué.

Urami no Hate nous livre un Heavy pur souche, plus que connu, mais les choses simples savent être efficaces. Onmyouza maîtrise ce domaine, et il me parait évident que ce morceau est parfaitement taillé pour le live.

Sombre et inquiétant sont, je pense, les maîtres mots de cet album, et Michi est introduit par ce concept une fois encore.
Michi, c'est ce qu'on pourrait appeler la quintessence du Heavy Metal purement mélancolique, servie par un Matatabi qui nous en met plein les oreilles.
Cette délicieuse mélancolie fait de ce morceau la 2e perle de Kishi Bojin. Le rythme s'accélère avec l'arrivée de Kuroneko et accentue ce sentiment jusqu'à atteindre son paroxysme, une première fois avec la dualité des chanteurs, puis le solo de guitare jouissif à souhait qui nous fait découvrir des notes novatrices une fois encore. On se rapproche délicieusement de ce que pourrait jouer Akio Shimizu avec Anthem !


Michi

Après tant d'émotions, il faut calmer un peu le jeu.
Kourui semble être la conclusion de cet album sombre et déroutant sur une note bien plus teintée d'espoir.
Le morceau se conclut en reprenant le chant traditionnel de Oni Kosae no Uta.

Mais non, ce n'est pas fini.
La mélodie de Shuushuu débarque à nouveau. Ce piano, ces riffs de guitare, mais cette fois, "Hana" n'y met pas un terme, Kuroneko enchaine avec un "Iko!" (Allons y!).
Et c'est reparti de plus belle pour la vraie conclusion de Kishi Bojin, Kikoku.
Ce riff mes amis, MAIS CE RIFF ! Un vrai bonheur, un vrai régal que dis-je!
Heavy jusqu'au bout des ongles dans sa composition et son interprétation, Kikoku se paye même le luxe de conserver cette petite touche de symphonie tellement sympa apportée par le clavier.
3e et dernière perle de l'album, Onmyouza livre ici l'un de ces meilleurs morceaux tout simplement. Il ne manque que la présence de Matatabi, que l'on regrette, pour ce final carrément époustouflant!
L'outro reprend le piano de l'intro comme pour nous faire pleurer toutes ces émotions que la Mère des Démons Mangeurs d'Enfants aura su nous extirper et nous inciter à le ré écouter encore une fois, deux fois, trois fois...


Kikoku


Conclusion
Après plusieurs écoutes, je n'en reviens toujours pas du nombre de choses qui ressortent de cet album, et de bonnes choses s'il vous plait!

Kishi Bojin est une suite musicale en 3 parties narrant l'histoire de Kishimo-jin.

La 1e partie couvre sa vie en tant qu'ogresse cannibale, démoniaque, maléfique et terrifiante. Samayoi introduit le contexte tandis que Ubugi et Namasu nous narre les méfaits de l'ogresse, de ces enlèvements d'enfants pour en faire de la chair à pâté pour petits ogres tout bébé qu'ils sont.
L'apogée démoniaque est atteinte avec Oni Kosae no Uta qui dépeint Kishimo-jin comme une figure maléfique contre laquelle l'humanité doit lutter.

La 2e partie de cette symphonie symbolise la rencontre avec Bouddha.
Mise face à ses propres péchés, la démone doit se repentir et expier ses fautes, révélation mise en musique à travers les deux balades, Gekkou et Zakuro to Jubaku.

Suite à cela, la 3e et dernière partie démarre avec Kishi Bojin.
La mère doit se lutter pour se repentir et affronter ses démons du passé.
Urami no Hate symbolise l'espoir de rédemption que Kishimo-jin entrevoit.
Michi nous rappelle que, peu importe l'avenir, il ne faut pas oublier les erreurs que l'on a fait, au contraire, il faut les assimiler pour en tirer des leçons.
Kourui est l'achèvement de son repentir et l'accès à son statut de déesse protectrice des enfants.
Kikoku cloture ce conte sur une note d'espoir, pour transmettre le message à tous ceux qui voudraient s'en prendre aux enfants, que la colère de Kishimo-jin s'abattra sur eux sans aucune forme de pitié.

Une bien belle histoire contée à grands coups de guitares, de lignes de basse envoûtantes, de batterie puissante et d'envolées vocales comme on les aime.


D'un point vue purement musical, Onmyouza signe avec Kishi Bojin l'un de leurs meilleurs albums.
Malgré le départ de Tora, qui finalement n'en est un qu'à moitié, le groupe a su rebondir et produire un album qui renouvelle le registre du groupe sans pour autant le dénaturer, bien au contraire.

Matatabi avait annoncé un album ambitieux, sombre et novateur. Il ne s'est pas trompé.
Fouillé, profond, riche et abouti, Kishi Bojin ne renie pas ce qui fait l'identité d'Onmyouza mais lui donne un sens nouveau, une fois encore un bien bel hommage au folklore japonais, comme le groupe a toujours su le faire.

Qu'il s'agisse d'un album concept ou pas, c'est une franche réussite, une perle du Heavy Metal, un bijou rare et précieux qu'il est obligatoire de posséder.
Espérons que ce concept ne sera pas un coup d'éclat unique et que le groupe continuera dans cette voie à faire briller le folklore japonais au travers du Heavy !


Les +
- Concept Album
- Un vent frais dans la discographie du groupe
- Une composition fouillée et aboutie
- Quelques morceaux amenés à devenir des classiques

Les -
- Concept Album = pas de récidives à l'avenir?
- Je cherche, vraiment... xD



Kishi Bojin Tracklist
1 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Shuushuu
2 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Samayoi
3 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Ubugi
4 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Namasu
5 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Oni Kosae no Uta
6 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Gekkou
7 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Zakuro to Jubaku
8 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Kishi Bojin
9 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Urami no Hate
10 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Michi
11 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Kourui
12 - Kumikyoku [Kishi Bojin] - Kikoku

samedi 1 juin 2013

Onmyouza



Il n'est pas rare dans la carrière d'un groupe ou plus généralement d'un artiste, qu'au bout d'un certain temps, la volonté de changer, d'évoluer, d'explorer de nouveaux horizons musicaux se manifeste. Parfois c'est réussi, parfois non.

Mais il y a des artistes qui proposent un fil rouge permanent, au delà même du genre auxquels ils appartiennent. Une sorte de marque de fabrique inscrite à l'encre ultra indélébile que l'on ne peut ni oublier, ni outrepasser. Bien que cela puisse être vu comme une faiblesse, ou un manque de renouvellement, quand l'on voit le nombre de très bons artistes sombrer dans une musique plate et sans saveurs à vouloir à tout prix évoluer, parfois, on se dit que c'est bon quand même de se dire qu'on ne risque pas de surprises méchamment décevante de la part d'un artiste lambda.

Onmyouza est de cette trempe, de cette race, de ce genre de groupes qui, peu importe le nombre d'années qui passent, proposent toujours la même recette, la même délicieuse saveur. La stabilité du groupe a été maintes et maintes fois saluée, reconnu comme l'une de leurs plus grande qualité.

Mais la principale force d'Onmyouza ne vient pas tant de ça, mais de tout ce folklore qu'ils incorporent si merveilleusement au Heavy Metal depuis toutes ces années. A moins que vous ne soyez pas connaisseur ou même amateur, et que vous lisiez ces quelques lignes dans l'espoir d'explorer de nouveaux territoires, je ne vous apprends rien.

Découvrons ensemble l'alliance du Heavy Metal et du Folklore Japonais, sorte d'hommage lyrique à une histoire riche et passionante, Onmyouza, à votre service !



Histoire

Si l'on voulait parler de l'histoire du groupe à proprement parler, je ne saurais trop quoi vous dire.
En effet, le groupe n'a guère d'anecdotes.
Le groupe a été formé en 1999, sous la line up qui restera quasiment la même durant toute leur carrière: Kuroneko au chant, Matatabi à la basse et au chant, Maneki et Karukan aux guitares et Tora à la batterie.
Je dis quasiment, car le seul changement à noter est le départ pour raisons personnelles de Tora en 2009, qui continue cependant de jouer de temps en temps pour le groupe en tant que batteur de session sous son nom complet : Atsushi Kawatsuka.
Mis à part cela, pas d'autres changements.

Leur premier album Kikoku Tenshô sort la même année sous le label King Records, avec lequel ils resteront jusqu'à aujourd'hui.
Après cela, les albums s'enchainent et le succès sera au rendez vous jusqu'à les propulser au rang de groupe incontournable du Heavy Japonais.

Kuroneko

Impact

Par contre, quant à tout ce qui entoure le groupe, il y là, matière à s'étendre.
Par où commencer? huumm.

Peut être par le nom du groupe?
En kanjis, 陰陽座 se traduit par "Réunion du Yin et du Yang" . Bien qu'aujourd'hui, ces trois kanjis se prononcent désormais In'yôza, le groupe a gardé celle de Onmyôza.

Chacun des membres utilise un pseudo ayant un rapport avec les chats et les félins en général.

La belle Kuroneko 黒猫 est une "Chatte Noire" (kuro, de l'adjectif kuroi: noir, et neko: chat).
Matatabi 瞬火 signifie littéralement "Feu Scintillant" , mais fait aussi référence à une catégorie de plantes, Silver Vine, qui servent dans les grattoirs pour chat.
Maneki 招鬼 signifie mot à mot "Invitation au démon" mais fait surtout référence au Maneki Neko, le fameux chat porte bonheur Japonais.
Karukan 狩姦 pourrait être traduit par "Chasse de l'adultère" , mais c'est aussi une marque de nourriture pour chat.
Tora 斗羅 se prononce comme le "Tigre". Cela fait aussi référence au fait que Tora est un fervent supporter de l'équipe de baseball japonaise, les Hanshin Tigers.
Les membres apparaissent toujours vêtus de costumes traditionnels japonais.

Matatabi

Si l'on a bien compris que les membres du groupes aiment les chats, ils aiment aussi et surtout le folklore japonais.
Si la musique fait clairement référence à des instruments typiques tels que le Shamisen, on trouve aussi beaucoup de thématiques inhérentes à la culture japonaise. Le concept même du groupe, le Yin et le Yang est retranscrit par la dualité des chanteurs, entre la voix douce et aiguë de Kuroneko fortement empreinte d'Enka, chant traditionnel japonais qu'elle maîtrise sur le bout des cordes vocales, et celle grave, poignante et parfois même stridente de Matatabi, qui écrit et compose l'intégralité des morceaux du groupe. Le nom fait aussi référence à l'Onmyôdô 陰陽道 , mélange entre l'occultisme et les sciences naturelles.
On retrouve aussi cela dans des paroles qui parlent souvent de la lutte du bien et du mal ou de forces cosmiques qui s'entrechoquent. On entend donc souvent parler de fantômes, de dieux de la mythologie japonaise, ou même d'Oni, ces fameux démons connus de tous (une petite référence aux Oni et Akuma de Seikima II peut-être?).

Maneki

Les thématiques utilisées font pour la plupart référence à l'ère Heian (794-1185) de l'histoire japonaise, époque qui marque l'apogée de la puissance de la cour impériale japonaise.
Il n'est donc pas surprenant de trouver des références célèbres tels que Minamoto no Yoshitsune, un célèbre général de cette ère.
On trouve cependant aussi des références plus "récentes" comme Data Masamune dit "Le Dragon Borgne" de l'ère Edo (1603-1868) dans le single Aoki Dokugan.

Karukan

Le groupe a aussi pris l'habitude de proposer une chanson récurrente sur chaque album nommée "Ninpou Chou" (parchemin ninja) faisant référence à l'auteur Futaro Yamada qui a écrit de nombreux romans sur les ninjas dont le plus célèbre est Koga Ninpouchou en 1959, qui sera adapté notamment en 2005 au cinéma au Japon sous le nom de Shinobi. Koga Ninpouchou est donc aussi le titre d'une de ces chansons du groupes qui servira elle de générique de l'animé Basilisk qui est lui même une adaptation du roman de Yamada.

Les influences et références d'Onmyouza sont donc nombreuses et empreintes d'une culture riche et passionante.

Tout cela couplé à un Heavy Metal inoubliable, d'une justesse exemplaire. Chaque membres maîtrise son post avec brio, les deux guitaristes rivalisant de talent pour nous livrer des solos aussi endiablés qu'efficaces, la dualité des chanteurs étant une chose que l'on apprécie beaucoup, encore plus quand il s'agit d'un homme et d'une femme, que la basse se fait tantôt douce et délicieuse, tantôt sombre et envoutante et que la batterie joue avec les roulements et les changements de rythme comme pour nous hypnotiser.

Tora

Depuis sa naissance en 1999, le groupe s'est fait très actif avec à ce jour 11 albums à leur actif, rien que cela, le dernier datant de 2011. 11 albums en 11 ans, c'est un bon ratio.

Très apprécié du public, Onmyouza est l'un des groupes indispensables à toute personne souhaitant découvrir le genre. A la fois abordable et d'une richesse inouie de par son folklore, ils sont à n'en point douter l'un des atouts majeurs de la scène Heavy au Japon.

Laissez vous bercer par ce folklore riche et chargé, par la douce voix de Kuroneko et partez sans plus attendre pour un voyage au Pays du Soleil Levant dont vous ne ressortirez pas indemne !



Aoki Dokugan
Album : Kongô Kyuubi (2009)

Onmyouza Discographie
1999 : Kikoku Tensho
2000 : Hyakki Ryôran
2002 : Kôjin Rasetsu
2002 : Fuuin Kairan
2003 : Hôyoku Rindo
2004 : Mugen Hôyô
2005 : Garyô Tensei
2007 : Maô Taiten
2008 : Chimimôryô
2009 : Kongô Kyuubi
2011 : Kishi Bojin

dimanche 26 mai 2013

Flatbacker / EZO


Flatbacker

Le Heavy Metal se croise et se recroise. 

Il n'est pas rare de croiser un groupe, de découvrir un nom et de se dire un beau matin "Tiens, mais ce nom me dit quelque chose ! Pis, j'sais pas, la tronche de ce pécno me semble franchement familière !" .

Flatbacker / EZO est l'exemple type de ce constat.
Carrière éphémère et ô combien regretté de la part des fans, EZO présente la particularité d'être un des très rares groupes Japonais à avoir tenté une exportation aux Etats Unis (l'autre grande tentative étant bien évidemment de l'évidence même ces fameux gugus de chez Loudness). 

Il est l'heure mes p'tits amis, veuillez vous asseoir et ouvrir vos livres, le cours d'histoire va commencer...

Flatbacker

Histoire

Flatbacker
Printemps 1982, Sapporo, Japon.
Des cendres de deux groupes de lycée, Power-station et Scrap, renaît une nouvelle entitée qui va faire parler d'elle.
Le chanteur Masaki Yamada, le guitariste Shoyo Iida, le bassiste Taro Takahashi et le batteur Hirotsugu Homma forme le groupe Fratvacker
Une première demo, Minagoroshi, voit le jour en 1984, puis une seconde en 1985. 
Le groupe se fait alors remarquer et signe avec le label Victor Entertainment. Oui, ce même label qui produira tous les albums d'un certain Anthem jusqu'en 2012.
Fratvacker se renomme alors Flatbacker, et débute leur carrière sous ce nom qui restera gravé dans les annales.
En 1985, Sensou - Accident voit le jour ainsi que Esa en 1986.
Suite à cela, le groupe décide de voir les choses en plus grand, beaucoup plus grand et déménage à Los Angeles.

EZO

EZO
Sur place, leur travail porta ses fruits. Ces quatres jeunes Japonais furent découvert par Gene Simmons qui officiait alors dans un groupe qui s'appelait Kiss, j'sais pas si ça vous dit vaguement quelque chose haha. 
Le groupe change alors de nom pour EZO. Une rumeur circule bon train sur la toile selon laquelle Simmons lui même serait à l'origine de ce changement. Ezo étant une ancienne appellation de l'île d'Hokkaido, cela serait le meilleur moyen de rendre hommage à leurs racines.
Mr Simmons produit lui même le premier album éponyme d'EZO, en 1987. Comme quoi, les choses ne trainent pas. 
Deux ans plus tard, Fire Fire sort. Cela sera le dernier album de la carrière de Flatbacker / EZO.
En effet, peu de temps après la sortie de Fire Fire, leur label, Geffen Records les abandonne. Conséquence : des querelles internes finissent par avoir raison du groupe, et c'est le drame...

Fin de l'histoire...

EZO

Impact

7 ans.
C'est court, très court pour une carrière musicale, que l'on peut même réduire à 4 années, si l'on se tient uniquement aux albums sortis.

Malgré tout, EZO aura réussi un exploit: celui de réussir à faire une éphémère percée dans les charts américains. En effet, ils gravirent jusqu'à la 150e place, ce qui représente énormément pour un "petit" groupe venant de l'archipel du Soleil Levant. Le seul autre groupe ayant réussi ce prodige étant Loudness.

Si je vous disais que tout se recroise, et que vous ne l'avez pas encore remarqué vous même, c'est parce que deux noms parmi EZO sortent du lot.

Oui parce que, ce fameux Masaki Yamada, après la séparation d'EZO, trouvera refuge en 1992 au sein de... Loudness. Ba oui, les pommes ne tombent jamais loin du pommier.
Et puis, il y a aussi ce mec, Hirotsugu Homma... Huuumm... Ah mais c'est bien sûr! Il y a pas un mec qui s'appelle comme ça depuis 2001 dans un groupe, Anthem c'est ça? Ah ba si !
Accessoirement, Homma aura aussi joué au sein de Loudness entre 1994 et 2000, ainsi que pour Saber Tiger. Ouais Môssieur Homma est comme ça, il aime bien les grands noms haha

Mais alors musicalement, qu'est-ce ça donne?
Il faut savoir avant toute chose que le changement de nom a aussi inclut un changement de sonorité, comme c'est souvent le cas de ce genre de situations.

Flatbacker développe un Heavy Metal nerveux, rapide, et chargé, très nettement influencé par le Glam Metal, né à Los Angeles justement. 
Les principaux thèmes abordés sont l'estime personnelle, les rapports aux autres essentiellement, le tout dans une ambiance assez sombre.
Si des groupes de la même époque comme Anthem, Loudness ou Seikima II sont facilement abordables, je n'en dirais pas autant de Flatbacker. Je pense personnellement qu'une certaine connaissance du Heavy est nécessaire pour pleinement apprécier la qualité des deux opus du groupe.
Ezo palie en partie ce problème. Avec son arrivée aux Etats Unis, le groupe prend une sonorité un poil commercial, avec des mélodies bien plus abordables.
Bien que les influences glam soient toujours présentes, l'ambiance est beaucoup moins sombre, le tout est plus mélodique. Le but est bien sûr de vendre, et pour cela, il faut composer des choses qui accrochent plus de monde.
Malgré ce côté plus commercial, la musique d'EZO reste un petit délice pour les oreilles, l'album EZO étant une franche réussite, tout comme l'était (et l'est toujours d'ailleurs) Fire Fire.

Flashback Heart Attack
Album : EZO (1987)

Personnellement, je ne peux pas m'empêcher de faire le rapprochement avec un groupe s'appelant Cats in Boots, le groupe de Glam Rock de Jail O'Hashi (Seikima II), qui officie aux Etats Unis.

Si la courte carrière du groupe aura surtout servi de très bon tremplin pour deux des membres, la qualité des quatres albums est incontestable. On ne peut que regretter que cela n'ait pas duré plus longtemps, on aurait aimé pouvoir apprécié plus longtemps ce savoureux mélange de Heavy et de Glam Metal. Malheureusement, certaines étoiles sont faites pour briller fort mais vite...


Discographie
1985 - Sensou - Accident
1986 - Esa
1987 - EZO
1989 - Fire Fire

Million Miles Away
Album : Fire Fire (1989)

dimanche 19 mai 2013

Tribute to Seikima II -Akuma to no Keiyakusho-



Certains groupes deviennent des légendes.
Seikima II en fait assurément partie.

En plus d'avoir été l'un des précurseurs du Heavy Metal au Japon, et au delà de l'aspect visuel du groupe qui aura surement amené à ce que l'on appelle aujourd'hui le Visual Kei, nombre d'artistes ont été influencé par ces démons sortis de l'enfer.

Il n'est donc pas étonnant qu'un album hommage ait fini par voir le jour, pour honorer ceux qui auront fait vibrer nos coeurs de fans durant toutes ces années.

Le 15 septembre 2010 , Tribute to Seikima II -Akuma to no Keiyakusho- voyait le jour.
11 des grands morceaux de Seikima II repris par 11 groupes différents, parmi lesquels on retrouve quelques noms bien connus, et même un groupe Suédois. 11 groupes, ça fait beaucoup d'influences différentes et donc une infinité de possibilités quant à ces reprises.
Mais que valent-elle donc? L'hommage au groupe est-il une réussite?
Réponse en Heavy, euh non, en reprise !


On démarre vite, haut et fort, Anchang et ses Sex Machineguns s'occupent de l'ouverture avec leur reprise de Fire After Fire !
C'est speed, c'est agressif, et c'est heavy, pas de doutes, Anchang est dans la place. On retrouve tout ce qu'on connait chez eux, et particulièrement les sonorités agressives de la dernière line up en date, qu'on adhère ou pas. Le tapping à la Anchang fait des merveilles comme d'habitude avant de terminer son solo sur la mélodie bien connu du morceau d'origine. Ce n'est pas proprement perturbant, on retrouve vraiment ses marques par rapport à l'original, mais tout en se rendant bien compte qu'il s'agit des SMG, et non de Seikima II. Pour une entrée en matière, c'est ce qu'on appelle rentrer dans le vif du sujet!

On découvre un autre nom connu pour les amateurs de hard rock/heavy metal (féminin) nippon des années 80. Show-Ya débarque et nous livre sa propre version de Rouningyou no Yakata. On touche ici l'essence même du concept de reprise. Ambiance assombrie, clavier déroutant, le groupe s'approprie réellement le morceau pour le remodeler à sa propre sauce. Et la sauce Show-Ya prend extrêmement bien à n'en point douter. Cette ambiance presque malsaine communiquée à la fois par la composition et la voix de la chanteuse est un petit délice, coupable, mais un délice tout de même, et ce particulièrement pendant le solo.

Quand je vous disais que l'on retrouve des noms bien connus, je ne vous mentais pas. C'est au tour d'un autre dinosaure de faire son entrée: Earthshaker s'occupe du cas EL DORADO. Si les évolutions du groupe sont discutables et sujettes à d'interminables débats, le travail accompli pour cette reprise est lui par contre indiscutable. Vive et ultra saturée, c'est encore une fois un remodelage complet auquel on a le droit. Mais une fois encore réussi, avec énormément de personnalité propre, chose difficile à atteindre quand il s'agit de reprendre un morceau déjà existant. Les influences sont variées, de la pop au heavy, en passant même par de vagues influences reggae pendant le break juste avant le solo. C'est un melting pot musical qui fait plaisir à entendre. Oui Earthshaker est encore capable de grandes choses !

On change de registre pour un autre nom familier. Holy Blood ~Tatakai no Kettou~ repris par Galneryus.
Tout comme pour les Sex Machineguns, même constat: une reprise fidèle à l'originale avec une composition made in Power Metal à la Galneryus. On regrette toujours cependant Yama-B au chant, Masatoshi Ono n'ayant effectivement pas la même puissance vocale. Cela reste vraiment agréable à écouter, le clavier apportant une ambiance vraiment nouvelle. Le point fort du morceau est sans aucun doute le duel de solo entre Syu à la guitare et Yuhki au clavier, avant de combiner les deux pour un final absolument magistral. Ambiance épique en veux, en voilà !

Le concept de Superband, vous connaissez hein? Eh bien, il en fallait un pour cet album, forcément. Et ce n'est pas n'importe qui s'il vous plaît!
Nov (Volcano, Aion) au chant, Shinichi Kobayashi (guitariste de la carrière solo d'Eizo Sakamoto [Anthem] ) à la gratte, Masaki (oui oui, MASAKI les amis) (Animetal, Canta, Masaki Project) à la basse, et Go (Sun Owls) à la batterie, vous l'aurez compris, c'est le Superband de Thrash Metal Zigoku Quartet qui prend la relève !
Bon sang, bon sang, bon sang, bon sang. On pourra dire ce qu'on veut sur les Superband, mais un Superband, ça donne une SuperReprise !
Adam no Ringo, un des nombreux morceaux emblématiques du groupe en version SuperThrash, ça SuperDémonte !
Toutes ces pointures réunies en un seul groupe, ça donne certainement le meilleur morceau de l'album. C'est ultra rythmé, et on adore ça!
La voix criarde de Nov s'emballe, la guitare de Kobayashi nous thrash les oreilles, la basse de Masaki est l'égale de la guitare et la batterie s'affolle dans tous les sens comme pour dire "eh les gars on vous lachera pas une seule seconde!" .
L'un des points fort est bien sûr la basse. Car rappelons le, Masaki n'est pas n'importe qui dans le domaine. Considéré pour beaucoup comme le meilleur bassiste du Japon, et certainement l'un des meilleurs au monde, ce monstre de technique nous rapelle que la basse n'est pas toujours là pour le soutien rythmique et mélodique mais peut aussi être un instrument à part entière devenant une ligne complète et originale de la composition:
Ne ratez surtout pas ce morceau, ni aucune miette, je vous en prie!

Il faut bien souffler un peu quand même hein.
Save your Soul ~Utsukushi Cliche ni se wo mukete~ est mis en musique par X.Y.Z.→A.
Pour ceux qui connaitraient pas, il s'agit du groupe solo de Minoru Niihara, chanteur d'origine et emblématique de Loudness.
On reprend ce classique à la sauce rock bien péchu, simple mais foutrement efficace. La guitare hurle le Old Rock comme on l'aime et ça fait du bien d'entendre qu'encore aujourd'hui, certains groupes sont capables de faire du très bon neuf, avec de l'excellent vieux !

C'est l'heure d'égorger des gens ! Et pour reprendre le mythique Jack the Ripper, qui de mieux que les tarés de chez The Kanmuri.
Ils font partis de cette nouvelle vague de groupes de Metal qu'il est très difficile de classer dans un genre tellement leurs influences sont nombreuses, vague principalement initiée par Maximum The Hormone.
Le choix est d'autant plus judicieux que le chanteur Tetsuya Kanmuri est le seul à pouvoir se vanter de pouvoir égaler toute l'amplitude vocale de Demon Kogure, sorte de schyzophrénie vocale si chère à notre coeur.
C'est ultra percutant, ça en fout plein les oreilles ! Le chant est la digne succession de ce que Demon Kogure était autrefois capable de faire avec tant de maestria. Le talent n'est donc pas mort !

Avec la reprise de Stainless Night par le groupe bien connu Sadie, on touche cette fois une grande polémique.
Le morceau en lui même est à la fois une refonte, et une reprise. Il est très difficile d'emettre un véritable avis sur ce morceau. En cause, le genre musical en lui même. Appartenant au genre Visual Kei, Sadie fait partie de ces groupes qui ont du mal à se détacher des codes imposés par le genre. Bien que le Visual Kei ne soit pas un genre musical, Sadie rappelle un autre groupe bien connu du genre qui a en quelque sorte posé les codes: Dir en Grey. Les fans de Sadie auront beau dire que "non non Sadie et Dir en Grey sont deux groupes bien distincts" , pour cette reprise, c'est ça... Je ne rentrerai pas dans le débat de savoir si oui ou non, Sadie est une des nombreuses copies de DeG, mais leur interprétation de Stainless Night est bel et bien une composition typique de ce que Dir en Grey aurait pu en faire. C'est donc un peu dommage car ça gache le potentiel de cette superbe chanson.

Cependant, cela restera toujours meilleur que la reprise de Kaiki Shokubutsu par TRiCK, qui reprend les mêmes défauts et remarques mais en les poussant à l'extrême. C'est malheureusement pauvre, codifié à mort, et vraiment pas emballant. Autant j'aime entendre un remodelage complet d'un morceau si c'est bien fait, mais là, c'est faible, très faible. Je n'ai vraiment rien trouvé pour accrocher à cette reprise.
Mais quand il s'agit de prendre 11 groupes différents, tous ne peuvent pas être au même niveau, c'est évident.

Il est l'heure d'aller faire un p'tit tour en Europe. Avec les Suédois de chez Grand Illusion, 1999 Secret Object retrouve une seconde jeunesse. Qu'on soit clair dès le début, il s'agit d'une reprise de la version de l'album best-of Black List, pas l'original de 1987.
Cependant, le rock mélodique à la Bon Jovi fait des merveilles, et comme je l'avais dit dans un article précédent, c'est d'une propreté sans commune mesure, rien à voir avec la version de Akuma Relativity par Seikima II eux mêmes.
On sent les influences scandinaves qui ont pour eux de livrer des choses propres et claires, simples certes, mais encore une fois, foutrement efficace. Ca file la pêche, et c'est largement suffisant pour en faire une excellente reprise !

On cloture l'album avec un morceau certainement beaucoup moins connu. La face B du single de Rouningyou no Yakata, Arcadia, mériterait pourtant d'être plus connue, tellement cette chanson est magnifique.
RX est le groupe solo de Raiden Yuzawa et Xenon Ishikawa, batteur et bassiste de Seikima II donc. Pour cette reprise, le groupe a fait appel à un certain John Wetton pour le chant. Ce nom vous dit quelque chose? Oui, c'est normal, il s'agit du chanteur du groupe culte ASIA, rien que ça.
Reprise sublimée au possible, c'est en beauté que nous terminons cette séance de reprises...


Conclusion
Le danger avec ce genre d'albums, c'est d'être très inégal sur le ressenti final en terme de qualité.
Ici ce n'est presque pas le cas, car si l'on excepte les reprises un peu (beaucoup pour celle de TRiCK) faibles de Stainless Night et Kaiki Shokubutsu, ce sont bel et bien des oeuvres de hautes volées qui nous sont livrées tout au long de cet album hommage à l'un des très grands noms du Heavy Metal nippon.
Il est impossible de lancer un débat sur la tracklist en elle même, il y a tant de morceaux cultes dans la discographie du groupe qui auraient mérité eux aussi leur reprise qu'il n'est pas possible de tous les faire.
Varié, travaillé et jouissif, il est rare de pouvoir dire autant de bien d'un album tribute, et c'est ici même une franche réussite. N'hésitez pas, et si vous êtes simple amateur, ou fan hardcore de nos démons préférés, vous ne devriez pas être déçu.

La mission est accomplie, c'est avec talent et honneur, que nous rendons un superbe hommage aux légendaires Seikima II.


Les +
- Des reprises de haute volée
- Certains morceaux complètement remodelés sont de vrais petits bijoux
- Un (presque) excellent choix de groupes

Les -
- Les reprises de Stainless Night et Kaiki Shokubutsu
- On en voudrait encore plus

Tribute to Seikima II -Akuma to no Keiyakusho- Tracklist
1 - Sex Machineguns - Fire After Fire
2 - Show-Ya - Rouningyou no Yakata
3 - Earthshaker - EL DORADO
4 - Galneryus - Holy Blood ~Tatakai no Kettou~
5 - Zigoku Quartet - ADAM no Ringo
6 - X.Y.Z.→A - SAVE YOUR SOUL ~Utsukushiki CLICHE ni se wo mukete~
7 - The Kanmuri - Jack The Ripper
8 - Sadie - Stainless Night
9 - TRiCK - Kaiki Shokubutsu
10 - Grand Illusion - 1999 Secret Object
11 - RX - Arcadia


dimanche 12 mai 2013

Anthem - Burning Oath




Un peu plus d'un an après la sortie de Heraldic Device, on ne s'attendait pas à voir re débarquer un album aussi vite. Et pourtant, le 24 octobre 2012, Burning Oath sort dans les bacs pour notre plus grand plaisir !

J'avais personnellement hâte de vous parler de cet album, et ce pour plusieurs raisons.
Il faut dire qu'en un an, Anthem n'a absolument pas chaumé, et dans tous les sens du terme.
Qui dit nouvel album dit tournée, et tout le monde sait que des concerts à la chaîne, c'est extrêmement fatiguant.

Quelle surprise donc de découvrir courant 2012 que le groupe annonce être en studio pour l'enregistrement d'un nouvel album !
Cependant, une autre surprise nous attend: l'annonce d'un batteur de session remplacant Hirotsugu Homma pour l'interprétation de la batterie !
Pourquoi? Eh bien parce que Homma s'est blessé au genou il y a plusieurs années de cela. Et cette blessure s'est récemment manifestée à nouveau. C'est donc dans l'incapacité de jouer que le groupe a fait appel à un certain Isamu Tamaru pour remplacer Homma pour l'enregistrement de Burning Oath. Mais la composition est toujours assurée par notre chouchou habituel.

Au delà de ce petit changement, un point majeur est à noter : désormais, Anthem n'est plus produit par le label Victor Entertainement, mais par la firme major bien connue Universal Music, rien que ça ! Est ce que ce passage major est à craindre? On pourrait être tenté de dire oui, évidemment, après des années de bons et loyaux services, on aimerait pas voir Anthem devenir un de ces groupes de metal mainstream sans saveurs...
La réponse ici et aujourd'hui.

Si j'avais hâte de vous parler de Burning Oath, ce n'est pas seulement d'un point de vue musical. En effet, tout cela a été entaché par deux très graves nouvelles dont je vous parlerai en fin d'article.

Mais pour l'heure, place à la musique !


Je viens de me rendre compte que dans l'article précédent, sur Heraldic Device, je n'ai pas parlé de la jaquette. Rapellez vous que celle de Black Empire était une pure réussite, chose à laquelle nous n'étions pas habitués.
Eh bien, que ce soit pour HD ou Burning Oath, comme vous avez pu le constater, on retombe dans les travers Anthemiens habituels se contentant du strict nécessaire esthétique, c'est quand même franchement dommage.

Après ce petit constat, il est temps de se lancer.
Comme toujours depuis la reformation, l'album démarre sur le single. Evil One sonne agressivement dans nos oreilles. Les sonorités sont crues, épurées mais diablement efficaces, et bénéficient de la pêche que l'on connait au groupe. Contrairement aux deux précédents albums, il n'y a ici pas de synthé en support. L'ambiance générale étant assez sombre, la basse de Naoto Shibata et la batterie sont fortement présentes. A l'oreille, on reconnait bien la patte de Homma à la batterie, pas de doutes, la composition, c'est lui ! Le solo d'Akio Shimizu est aussi impressionant qu'à l'acoutumée, la voix d'Eizo Sakamoto file toujours autant la banane, c'est certain, c'est bien du Anthem !

Un premier morceau excellent, mais qu'en est-il de la suite?
Unbroken Sign démarre, et le moins que l'on puisse dire, c'est que direct, on est surpris ! Pourquoi?
On a affaire ici à une réelle nouveauté, la composition est franchement novatrice. La 1e impression qu'il en ressort, c'est une composition plus fouillée, plus profonde. C'est un heavy mélodique et envoutant, surement hérité des influences power metal de la période Overload jusqu'à Immortal. Il n'y a toujours pas de synthé, mais la présence d'une réelle 2e ligne de guitare mélodique comble ce "manque". Jusqu'ou sont-ils capables d'aller?

Les deux morceaux suivants sont indissociables. Overture est un break instru court qui introduit la piste suivante, On and On.
On avait pas entendu ça depuis Domestic Booty en... 92 ! La mélodie annonce quelque chose de bon, de très bon...
Et ça ne rate pas, dès les 1ers riffs de On and On, on fonce dedans tête baissée! On reprend la même recette que Unbroken Sign, et on y ajoute un synthé en support. On aime ce côté mélodique fouillé qui étonne dans le bon sens du terme. Pas de doutes possibles, on a vraiment affaire à des choses novatrices, sans pourtant perdre les codes et le charme qui caractérisent Anthem.
On savait qu'Anthem était des techniciens et des bosseurs de 1er ordre qui nous livrent des choses toujours propres et paufinées à l'extrême, mais réussir une fois de plus à repousser les frontières, c'est un véritable tour de force !

Get Away est introduit par un court passage de synthé assez perturbant, mais très vite la guitare sonne et on retrouve ses marques.
On retrouve ici une composition similaire à ce que l'on trouvait sur Black Empire. Après quelques recherches sur la toile, il semblerait que les fans apprécient particulièrement ce morceau. La principale raison citée est ce refrain qui sonne dans tous les recoins de notre cerveau. "Get away Get Away !". Je pense personnellement que les sonorités plus classiques du groupe y sont pour beaucoup aussi, comme pour dire que l'on est rassuré de retrouver des choses famillières.

On continue dans les familiarités. Avec Struggle Action, on retombe en plein Seven Hills, 1er album de la reformation du groupe (Heavy Metal Anthem étant un best-of remixé plus qu'autre chose, je ne le compte pas réellement dans la chronologie). Quand on sait que cet album est une des grandes réussites du groupe, c'est du coup fortement agréable.
Malgré cela, une double ligne de guitare bien distincte durant le refrain nous rappelle qu'on est bien sur quelque chose de nouveau, et on commence à se demander si le groupe n'aurait pas intérêt à embaucher un guitariste de session pour les lives, histoire d'assurer au max sur la scène haha

On calme un peu le jeu, la basse résonne seule quelques secondes.
Avec Ghost in the Flame, on touche ici le morceau le plus complexe de l'album; il est à Burning Oath ce que Wayfaring Man était à Heraldic Device. L'ambiance est chargée, particulière et fouillée, dans la pure lignée du début d'album mais en beaucoup plus posée, ce qui ajoute de l'intensité. Point particulier: la présence de deux solos. Le traditionnel et un solo de fin pour conclure ce long morceau d'un peu moins de 8 minutes, format très inhabituel pour Anthem.
La nostalgie dans la voix d'Eizo nous fait frisonner de plaisir, sensation renforcée par le solo d'Akio absolument magistral, le tout accompagné par une basse délicieuse, une batterie percutante à souhait et un support de synthé. A n'en point douter, la pièce maîtresse de Burning Oath!

C'est l'heure de l'instrumentale! Fera-t-elle mieux que Code of the Silence ?
Oui, mille fois oui! Avec Double Helix, on retrouve à nouveau une composition originale, propre à l'album. Rythmée, technique et variée, elle est en tout point supérieure au condensé qu'était Code of the Silence. Bien que n'atteignant toujours pas le niveau imposé par Pilgrim, il est quand meme plaisant de retrouver des musiciens encore une fois au top de leur forme. La technique nous scotche les oreilles sur place, c'est une habitude, pas une surprise, mais bon sang, ce que c'est bon !

Comme souvent après l'instru, le rythme repart de plus belle avec Face the Core. Akio s'en donne à coeur joie et fait tout le boulot à lui tout seul. La remarque à propos d'un guitariste de session pour les lives est plus vraie que jamais.
La basse est du coup un peu en retrait, mais une fois de temps, ce n'est pas très grave. Ca file la pêche, on se détache les cheveux et on fait ce que les metalleux savent faire de mieux ! Le matin, c'est juste ultra efficace !

On change les rôles, Life and Crime fait la part belle à la basse cette fois. Malheureusement, rien de particulier à dire sur ce morceau, qui paraît du coup un peu en demie teinte par rapport au reste de l'album. Mais est-ce vraiment un tort? Je ne pense pas, après tout, le niveau technique est tellement élevé que composer quelque chose de plus simple et "basique" une fois de temps en temps n'est pas vraiment un défaut.

L'album se conclut, déjà, beaucoup trop tôt comme à l'accoutumée. La présence de 11 pistes au lieu des 10 dont on a l'habitude se justifie par l'intro Overture (seul Immortal faisait exception avec 11 vraies pistes). C'est donc un album à 10 pistes, pas de changements sur ce point, dommage.
Dance Alone est une conclusion parfaite. Elle résume à elle seule toutes les remarques précédentes. Limite, j'aurais pu faire toute la critique uniquement sur ce morceau haha
Le morceau conjugue les nouveautés apportées par Burning Oath aux sonorités et schémas habituels d'Anthem. Un must hear!


Conclusion
Burning Oath est incontestablement une réussite, une franche réussite.
Ce changement de label pour une firme major était à craindre mais se révèle finalement monstrueusement bénéfique pour le groupe qui repousse les limites encore une fois en nous livrant un album à la fois novateur et étrangement familier, le tout paufiné à l'extrême.
On savait le groupe perfectionniste, on les ignorait cependant capable de s'adapter aussi bien et aussi vite. Réussir à intégrer des lignes entières de composition novatrice à ce qui fait leur charme depuis 30 ans le tout en moins d'un an est proprement hallucinant.
Musicalement parlant, c'est un pur chef d'oeuvre du Heavy Metal Japonais et réussit même l'exploit de se hisser au niveau de Black Empire, exploit méritant d'être longuement souligné.

Les "défauts" que l'on pourrait imputer à l'album sont en fait d'ordre personnel plus que musical. En effet, comme je vous le disais au début de l'article, l'enregistrement et la sortie de l'album ont été entaché par deux mauvaises nouvelles début 2013.
La 1e fut le diagnostic d'un cancer de l'estomac à Naoto Shibata, bassiste et leader du groupe. Inutile de préciser que l'annonce a eu l'effet d'une bombe nucléaire au sein de la communauté de fans. Le groupe entra donc en pause durant quelques mois afin de permettre à Shibata de se soigner et de se remettre. Fort heureusement, étant diagnostiqué suffisament tôt, le cancer a pu être endigué et Shibata mis hors de danger. De son propre aveu, les nombreux messages de soutien de la part des fans lui ont fait extrêmement chaud au coeur et plaisir, je pense que ça se comprend.
Suite à la guérison du bassiste, le groupe a annoncé son retour sur la scène durant le Ozzfest 2013 au Japon. Il n'y a donc plus d'inquiétudes à se faire sur ce point.

Malheureusement, tout n'est pas rose. Et c'est avec tristesse et surprise que l'on a pu découvrir l'annonce du départ définitif de Hirotsugu Homma d'Anthem. Véritable annonce coup de poing balancée d'un seul coup juste après l'annonce de leur retour, c'est quelque chose de très surprenant.
Shibata cite ce départ comme une nécessité pour le groupe qui en a longuement discuté et débattu. Homma en personne remercie Anthem et les fans pour toutes ces années de bonheur auxquelles il aura eu le droit. Il dit également avoir plusieurs projets en tête qu'il pourra mettre en marche dès qu'il se sera remis de sa blessure au genou.

On pourrait presque dire qu'on l'aura vu venir, puisque toutes les photos de promo de Burning Oath ont été prises à 3, sans Homma. Malgré sa blessure, rien ne l'empêchait de poser avec le reste du groupe étant donné que c'est quand même lui qui compose la batterie pour l'enregistrement.
Aucune annonce n'a pour l'instant été faite concernant l'avenir du poste de batteur. Les théories des fans fusent bon train, on parle ainsi de l'officialisation de Isamu Tamaru, ou encore du grand retour de Takamasa 'Mad' Ohuchi, parmi d'autres théories. Affaire à suivre.

C'est donc avec tristesse que nous voyons le départ de Hirotsugu Homma. Nous lui souhaitons évidemment un bon rétablissement et une bonne continuation pour la suite de sa carrière, batteur d'exception de son état.



Les +
- Composition novatrice alliée à des sonorités familières
- La qualité Anthem
- Musiciens toujours au top
- Transition vers la Major parfaitement négociée et réussie

Les -
- Tracklist toujours trop courte !
- Le départ de Hirotsugu Homma


Burning Oath Tracklist
1 - Evil One
2 - Unbroken Sign
3 - Overture
4 - On and On
5 - Get Away
6 - Struggle Action
7 - Ghost in the Flame
8 - Double Helix
9 - Face the Core
10 - Life and Crime
11 - Dance Alone



Evil One
(PV)